jeudi 29 décembre 2011

Ultra Panda



Ultra Panda
Chanmax – les disques du hangar 221
Nouveau trio formé d'anciens membres de Weeping Minds Of Silence, Free for all et Bananas At The Audience, Ultra Panda, dont le nom rappellera aux fontenaysiens les feux Fat Panda, impose une identité rapidement reconnaissable avec seulement chant + basse + batterie. Autant dire que la rythmique de la basse prend souvent le dessus et si l'on se souvient de Free For All la section rythmique déjà tenue par les deux compères était déjà très bonne. On lorgne donc vers un rock'n'roll, notamment sur le premier titre « panda manifesto » fortement teinté de noise. Seulement 6 titres, c'est certes court mais prometteur pour la suite et surtout pour les concerts à venir. On notera tout de même au passage que c'est Fred Norguet, la légende, qui a mixé et masterisé cet EP, l'enregistrement ayant été effectué par le non moins légendaire Fred Gramage accompagné d'Alexis Berthelot.

Dead Pop Club / Cooper - split



Dead Pop Club / Cooper
Kicking Rds - Buzz Off
Split 45 tours intéressant avec d’une part nos parisiens chéris emmenés par leur charismatique chanteur Olivier qui sont dans la place depuis pas loin de 14 ans et de l’autre les hollandais de Cooper présents eux depuis 20 ans et que j’avais découvert par le biais d’un split avec un autre groupe français : Shaggy Hound.
Deux groupes aux styles assez proches, qui apprécient les mélodies. Les bataves posent un premier inédit « lay your armour down » correct mais pas détonnant,  leur second morceau est une reprise de DPC : « numbers ». Bien réinterprété, notamment ce petit passage à la guitare vers la fin plutôt original. Les parisiens quant à eux, pour leur inédit, ont choisi un « Long John Daly » dans la veine de ce qu’ils savent faire : punkrock mixé power pop de très bonne facture. Reprise ensuite de Cooper avec « OTO Hand », bien joué et la voix d’Olivier est plus efficace je trouve que celle de René ce qui apporte un plus évident. C’est donc un bon petit split avec une jolie cover sur lequel j’ai plus apprécié Dead Pop Club que Cooper mais c’était de toutes façons déjà mon avis général sur leurs derniers albums respectifs.

vendredi 2 décembre 2011

Interview - Justin(e)




Interview avec les nantais de Justin(e) quelques semaines après la sortie de leur troisième et magnifique album : Treillières Uber Alles.



La pochette de Treillières über alles est un hommage aux albums paninis, au foot de campagne mais aussi à un titre des Dead Kennedys c'est bien ça ?
Fab : T'as tout compris ! Par album panini, on veut faire écho de cette époque, un peu de nostalgie et d'hommage à nos tendres grands frères.
Alex : c’était également l’occasion de pondre une pochette bien dégueulasse, comme on les aime !

Vous avez retrouvé tous vos anciens copains du foot pour qu'ils puissent apparaitre sur la pochette ?
Fab : C'est une photo d'époque (89!) On connaît la plupart des gosses, mais on s'est pas fait chier à demander une autorisation. L'album est même pas distribué, y' a que 1500 copies pour l'instant, on devrait pas avoir de problèmes.
Alex : C’est l’équipe de nos grands frères à Olivier et moi. Ils jouaient super bien, collectif et tout. Ils ont fait un très beau parcours en Gambardella une fois arrivé en moins de 17 ans. Ce sont ces mêmes joueurs qui, devenus de jeunes adultes, ont largement participé à faire monté l’équipe première de Treillières en promotion d’honneur sous la direction de Carlos Roig et gagné plusieurs fois le tournoi de foot en salle de Treillières. Ils étaient le « Club boy d’Augias ». Grande époque.
Fikce: j'ai jamais eu de copains de foot, je faisais du rink-hockey au NARH. J'ai arrête en Cadet 1, suite à des luxations d'épaules réalisées en skateboard.
 
Je vous ai vu sur la dernière date du Super Tour à Angers, ce fut un très bon concert où l'on a pu découvrir une grosse amitié et une super ambiance entre les 3 groupes. Comment s'est donc déroulée cette tournée ? Y a t'il d'autres projets communs de prévus ?
Fab:La tournée était très agréable, c'est à chaque fois différent (par rapport à diego pallavas, dolores riposte ou Black sheep avec qui on a déjà tourné). La y'avait différents types de punk rock, différentes générations niveau échange humain c'était super touchant, entre les kids de W4P et les gars un peu plus vieux de Santa. Je suis tombé amoureux de tous ces gars. On a un projet en cour avec Santa Cruz, ça va pas tarder à tomber.
Alex : j’ai une photo des Santa Cruz chez moi devant laquelle je me prosterne tous les soirs avant d’aller me coucher. Guillaume, Erwan et Etienne le père, le fils et le saint esprit. Ils ont compris beaucoup de choses.
Fikce: C'était vraiment agréable de tourner à trois groupes pendant 10 jours, ça permet d'apprendre à connaître tout ce petit monde mieux qu'on n'aurait jamais pu. Ça fait un peu colonie de vacances, avec des concerts tous les soirs. Et puis le fait que les membres des groupes viennent jouer pendant les concerts des autres était cool, chanter Steppin Stone et Heart Attack Man avec Santa Cruz, c'était fun.
Alex au chant

Cet album a été réalisé en autoprod et est distribué par Guerilla asso, Can I Say et des ciseaux et une Photocopieuse. Je ne suis pas trop au courant de ce qui est arrivé à Crash Disques, le label s'est arrêté ?
Fab : Crash Disques ne s'est pas arrêté, mais vu leur visibilité et leurs initiatives niveau promotion, au niveau des ventes, ça va pas changer grand chose pour nous. On vendait presque rien dans les bacs. Ce coup ci l'avantage, c'est qu'on récupère réellement tout ce qu'on a investi dans la production, c'est vraiment génial pour nous. Crash Disques nous a bien aidé, mais maintenant c'est mieux pour nous comme ça. On a tout produit nous même, le pressage et le studio, Till a juste acheté 400 copies (sur 1500) à prix coûtant, et a financé le pressage vinyle avec Guillaume de Can i Say ?. Les Wank on manufacturé le CD bonus.
Alex : J’ai une photo du Label Crash Disques chez moi devant laquelle je me prosterne tous les matins avant d’aller travailler. Marsu c’est un peu Boudha, Il est sage et possède un savoir immense en histoire-géographie.


Des ciseaux et une photocopieuse est un label monté par les Wank 4 Peace je crois, il rend aussi hommage à l'un de vos titres, c'est ça non ?
Fab :C'est bien ça, ça collait parfaitement à leur mode de fonctionnement, à savoir découpage de carton et imprimerie en sérigraphie.

Dans accident n°7, un des thèmes récurrent est le foot (JC Suaudeau, Waddle, Vairelles...) sur ce Treillières über Alles la pochette annonce la couleur, par contre pas vraiment d'allusion au ballon dans les chanson hormis Tosquelles (1912-1994), le mondial 2010 ne vous a pas inspiré ?
Fab : j'imagine qu'Alex ne veut pas faire 2 fois la même chose
Alex : Pendant le Mondial 2010, je suis tombé amoureux de Julie. On a regardé la finale ensemble, très intéressé par la stratégie de démolition Hollandaise. C’est précisément cette finale qui nous a donné envie de faire un enfant.

Les textes de ce nouvel album sont beaux, bien écrits mais parfois obscures. Alex ne déconne plus du tout !! L'inspiration lui vient de livres, de documentaires ?

Fab:C'est comme ça qu'Alex fonctionne, il lit des bouquins qui l'interpelle et en fait des textes. Ce coup ci il a tenté d'être plus direct, plus frontal, je trouve ça cool.
Olivier à la guitare
Alex : Et ta sœur, elle est obscure ta sœur ?Depuis notre interview suite à Accident n°7, vous avez changé de batteur, pour quelles raisons au départ et quel est l'apport de Fikce ?
Fab : Djé a eu son compte, mais il reste très proche de nous. Je crois qu'il ne comprenait pas trop cette approche anti-succès, ou du moins ce manque d'initiative pour se mettre en avant, et aussi, comme tout le monde, il s'est demandé quoi faire de sa vie, il est parti 1 an en Angleterre, et avait eu sa dose d'alcool et de déconne. Djé reste un de de mes meilleurs potes. Fx apporte sont regard non biaisé par la musique punkrock puisqu'il n'en écoutait pas, il apporte aussi en tournée un peu de sagesse puisqu’il ne boit pas. Sa mémoire et son implication dans la composition sont aussi nickel.
Fikce en intervention au chant avec Santa Cruz
 Alex : ouéVous avez désormais une section rythmique détonante, des morceaux, comme "Porcelaine" par exemple, sont très forts techniquement. Je trouve que le groupe a énormément progressé depuis ses débuts dans tous les domaines d'ailleurs (musique et texte). Votre avis ?
Fab : Ça fait plaisir. On a commencé y'a 10 ans, et j'imagine que notre bagage technique grossi avec le temps. J’espère que ce n'est pas au détriment de l’efficacité et de la musicalité. Avec un morceau comme Tosquelles, j'ai enfin le bonheur d'avoir ma vrai copie de NOFX dans Justin(e).
Fikce: pour avoir intégré Justin(e) en cours de route, je suis assez d'accord avec toi sur la progression technique, mais je suis très content aussi que ça ne soit jamais devenu une fin en soi ni une démonstration, j'ai toujours aimé l’efficacité mélodique du groupe et sa simplicité apparente. Concernant les textes, je trouve qu'Alex teste des choses et ne se contente pas d'utiliser les mêmes recettes, c'est parfois étonnant, mais souvent très percutant.
Alex : oué

Dans le premier titre Treillières über alles, vous dîtes que vous êtes 2 sur 4 à vivre à coté de Nantes, j'ai cru comprendre que les deux autres étaient sur Paris. Cela doit être compliqué pour les répètes...

Fab : C'est très difficile à vivre pour moi, mais je crois qu'on s'en est bien tiré. Mais on a du s’arrêter de jouer 1 an pour pouvoir faire les répète nécessaires, chez moi, 3 rue de Dons. Je me dis qu'on pourrait être mille fois meilleurs si on répétait toutes les semaines, que les concerts seraient mille fois plus impressionnants. Mais peut être que ça dénaturerait Justin(e), la grande branleuse.
Fikce: ça me chagrine un peu aussi, surtout que je jouais beaucoup de batterie avant de partir à Paris et que désormais je suis presque contraint à ne pouvoir en jouer qu'en concert avec Justin(e). C'est très frustrant effectivement de ne pas pouvoir répéter quand on veut, de devoir s'organiser en planifiant les répètes presque un an à l'avance comme ce que l'on a du faire pour la composition de TÜA, mais bon...

Alex : oué

Franciser les titres de Santa Cruz sur vos vinyles est original, est-ce une chose qui va perdurer ou allez vous attaquer un autre groupe de potes ?
Fab:On l'a aussi fait pour Myciaa. Mais oui ça va perdurer. C'est notre plaisir, à faire ou en concert, c'est vraiment génial.

Alex : oué

Vous êtes liés avec les Guerilla Poubelle (labels, styles...) cependant je suis surpris que vous n'ayez jamais fait de featurings ensemble ou de splits. Il y a une raison ?
Fab:Alex à écrit pour Till et chanté avec lui le morceaux « Dans la Diagonale » sur leur 2éme album et on a fait le split avec Guerilla/Dolores hommage aux Zabriskie Point. Tu n'as pas bien fait tes devoirs ;)

Alex : oué

Il y a cette histoire de chansons croisées "l'équipe C" et "l'équipe Z", un battle musical punkrock sur le foot c'est envisageable ?
Fab : Mr Pierre, notre booker belge me l'a proposé, on va voir si on a le temps !

Alex : oué

fin de concert, fin de tournée...


plus d'infos sur :

jeudi 24 novembre 2011

H2O - Don’t forget your roots



H2O - Don’t forget your roots
Bridge 9
6/10
Bon je vais me répéter mais c’est parce que H2O l’a bien préparé cet album en sortant 3 eps auparavant et dealant ainsi 6 morceaux sur 15 et 3 inédits. Don’t forget your roots est comme vous le savez un album de reprises. H2O tient à son image et tient à faire savoir qu’ils ne viennent pas de nulle part, qu’ils ont une crédibilité et sont potes avec tout le gratin musical qu’il soit HxC ou punk. La tracklist mixe donc un peu toutes les influences des New Yorkais : des Descendents à Sick Of It All, des Clash aux Mighty Mighty Bosstones. A de rares exceptions près H2O joue les titres de la même façon (excepté pour les Mighty justement mais on s’en doutait un peu…), pas de grande réinterprétation donc, on se cale trop souvent sur l’original. Je suis  surpris au passage de ne pas retrouver Bad Religion ou Hatebreed. Reste que les morceaux sont de qualité, mention spéciale au Pride de Madball et Friends like You de Sick Of It All, par contre le Get The Time des Descendents est très loin d’arriver à la cheville de l’original.
D’autres se sont essayés à cet exercice dans quasiment le même registre : Ensign ou Hatebreed. C’est clair que c’est sympa sur les premières écoutes de voir les différences mais pour ma part je m’en lasse vite surtout lorsqu’on a l’impression qu’il n’y a que le chanteur qui change. Je noterai au passage la très jolie pochettes à l’image des 3 autres qui ont précédé, toutes aussi réussies. C’est d’ailleurs de bonne augure parce qu’il faut avouer que l’artwork chez H2O n’a jamais été  percutant. Vivement un véritable album de compos avec encore les potes en featurings pour cette fois-ci s’en prendre vraiment plein la face !

Au passage la tracklist : 
1. Bad Brains – Attitude
2. 7 Seconds – Satyagraha
3. Madball – Pride
4. Descendents – Get The Time
5. Embrace – Said Gun
6. Ramones – I Wanna Live
7. Gorilla Biscuits – Cats and Dogs
8. Mighty Mighty Bosstones – Someday I Suppose
9. Rancid – Journey to the End
10. Dag Nasty – Safe
11. Social Distortion – Sick Boy
12. Sick Of It All – Friends Like You
13. The Clash – Train in Vain
14. Verbal Assault – Scarred
15. Warzone – Don’t Forget The Struggle, Don’t Forget The Streets

et les morceaux inédits sortis sur les EPs
Hard Times des Cro-mags
Beverly Hills de Circle Jerks
Understand de Government Issue

jeudi 17 novembre 2011

Interview - François Bégaudeau


Extrait de l'interview avec François Bégaudeau, ancien chanteur des Zabriskie Point, écrivain de renom, chroniqueur et aussi  acteur. 

François Bégaudeau (je vous dispense du crédit photo...)


Es-tu toujours intéressé par le style de musique que tu pratiquais avec les Zabriskie Point ?
Plus qu’intéressé. C’est définitivement mon port. Les groupes et morceaux que j’aimais il y a quinze ans me font exactement le même effet. Je pense même que je prends toujours mieux la mesure de l’immensité de ce fait esthétique : le rock, le punk-rock.

Être sur scène, le rapport direct avec le public, est-ce quelque-chose qui te manque ?
Le manque est un sentiment que je connais peu. Une chose a lieu et puis elle prend fin, remplacée par d’autres. L’important est de garder un bon niveau d’intensité dans sa vie. Là-dessus ça va à peu près. Maintenant c’est sûr qu’il sera compliqué de retrouver l’intensité des concerts, ou le bonheur plein de finaliser un morceau en studio.

Quel regard portes-tu sur les jeunes groupes qui revendiquent l'influence des Zabriskie ? Je pense aux Guerilla Poubelle, Dolorès Risposte, Justin(e)...
Je suis Justine et les Guerilla avec admiration. Le dernier Justine est énorme.

Il y a un groupe que je trouve proche de ton registre : les Justin(e). Ils sont de Nantes, jouent du punk, sont fans de foot, aiment le FCN et Jean Claude Suaudeau et leurs textes sont plutôt bien pensés et écrits. Les connais-tu et que penses-tu de ce qu'ils font ?
Je connais Alex, qui est venu au punk par les Zab, et qui maintenant n’a plus besoin d’eux (quel charisme). On a évidemment pas mal de points communs, y compris une certaine fibre libertaire.

L'idée de remonter les Zabriskie Point vous est-elle déjà venue ? T'as-t-on proposé de venir faire un featuring sur un album ?
Remonter les Zab, no way. On a une dignité.
Featuring, non, jamais.

François au micro des Zabriskie Point


Qu'écoutes tu actuellement comme groupes ou chanteurs ?

Le dernier Justine… Le dernier Orelsan, même si je n’aime pas son versant pompeux (mais quel chroniqueur..). Depuis que je sais qu’ils se séparent, je réécoute tout Supergrass, et notamment leur chef-d’œuvre, I should Coco. Et puis plein d’autres choses (voir la « playlist » sur le site bégaudeau.info)



Quel regard portes-tu sur les albums des Zabriskie Point

Lucide, je crois. Des choses que je trouve mal branlées, un peu trop rock français, et puis d’autres que je trouve excellentes. Je dis les choses comme je les pense parce que seul le juste m’intéresse : on a écrit au moins deux des vingt meilleures chansons du rock français : Je suis une machine et L’art et le cochon. En matière de punk-rock français, je nous place en position 4 (la place du con, no médaille) derrière les Wampas, les PKRK, les Femmes.



François au micro des Zabriskie Point
J'ai toujours trouvé que la scène punkrock  française était coupée en deux dans les années 90 et 2000. D'un coté les "francophones" avec vous, les wampas, les sales majestés... aux influences que l'on ressentait plus venir de la scène alternative (Shériffs, Bérus...) et de l'autres les "anglophones" avec les Burning Heads, Seven Hate, Dead End, Greedy Guts... avec des influences outre atlantiques et une rythmique plus rapide. Je trouvais donc que cette scène coupée en deux ne se mélangeait pas, tout du moins en concert. ou c'était très rare (j'ai du voir une fois les Sales Majestés avec les Uncommonmenfrommars).  Y avait il un soucis entre vous ?
Tu as une bonne intuition. Je pense que ce sont deux généalogies très différentes. Le truc c'est que nous on ne se sentait pas concernés, vu qu'on ne se sentait pas vraiment proches des deux courants. Notre base arrière à nous c'était le punk anglais originel... Mais tant qu'à choisir, on se serait plutôt reconnu dans la branche "anglophone", celle qu'on appelait aussi "hardcore mélodique". Tous les groupes que tu cites, on les écoutait beaucoup plus qu'on écoutait de l'alternatif (le seul groupe vraiment fondateur pour nous de l'époque alterno c'est
les wampas, mais ils sont tellement à part). Le groupe sur lequel on s'entendait tous c'était NOFX, et puis on était fans de Minor threat aussi. Je pense qu'à partir de Des hommes nouveaux nos chansons portent la trace de ce genre d'influences (voir What is my punk, sur Paul).

Les groupes se mélangeaient plus sur label, par exemple Dialektik faisait se cotoyer les Zabriskie avec Dead End, Nra, PKRK, Condkoi... J'ai l'impression que ça pouvait se faire que le public était quasiment le même mais que les groupes ne s'aimaient pas vraiment. Juste une idée fausse ?
On était très potes avec les Dead End. NRA on n'a juste jamais eu l'occase de les croiser, mais on aurait sympathisé c'est sûr. Les seuls avec qui on avait toujours du mal c'était les groupes "anarcho-punks" très sérieux. Sauf nos potes d'Heyoka.
De toute façon je tiens à dire une chose, c'est que la fraternité inter-groupes on s'en branlait. On a jamais beaucoup aimé la satisfaction du milieu à être dans l'entre-soi. Nous on s'amusait bien déjà à 7, et ceux qui avaient envie de s'amuser avec nous
étaient les bienvenus, et voilà.

Actuellement je trouve que ça a changé avec le meilleur exemple possible les Guerilla Poubelle qui mixent à la perfection leurs influences américaines avec les françaises. En tant que fan de NoFX et personnage important de la scène française, les Guerilla doivent pleinement te combler ?
Oui, tu as tout dit. Mais j'en dirais autant de Justine. Pour ça j'aime beaucoup l'habillage du dernier album : Treillières est mis en avant, évidemment pas par chauvinisme, mais pour rappeler juste ça : qu'on est de là, des ploucs français, et que ça nous constitue. Et que la musique devra ressembler à notre double nationalité franco-américaine.

La suite dans le fanzine dont la sortie est prévue pour janvier 2012.

mercredi 9 novembre 2011

Roger Miret and The Disasters – gotta get up now



Roger Miret and The Disasters – gotta get up now
People Like You records
8.5/10
Légende vivante du hardcore New Yorkais avec Agnostic Front, Roger Miret, en parallèle, se fait aussi plaisir au sein de son deuxième groupe : Roger Miret & the Disasters. Ce groupe n'est pas nouveau et pour les lecteurs assidus on avait pu retrouver une interview dans ces pages il y a près de dix ans. Ce qui est plus surprenant c'est que le groupe tourne toujours et sort toujours des albums, c'est d'ailleurs leur quatrième.
Toujours dans le registre street punk, Roger impose son style vocal très personnel sur des titres percutants et incisifs. « we're gonna find a way » ou « stand up and fight » sont très représentatifs de cet album : courts, rapides mais terriblement efficaces. Le premier cité est d'ailleurs un hit en puissance. Mention spéciale aussi au titre qui donne son nom à l'album : « Gotta Get Up Now », très Clash dans l'esprit, un morceau punkrock qui se mute en reggae efficace comme on l'aime lorsqu'un bon groupe le pratique. On tend à se rapprocher de la Oï notamment sur des morceaux comme sur « city soldiers ».
Bref sur album c'est bon et ça défoule parce que c'est terriblement simple et basique et c'est ce qui fait que c'est bon : on va droit au cœur du style là où c'est le meilleur et un vieux routier comme l'est Roger Miret le maîtrise parfaitement. Sur scène ça doit tout simplement être excellent. Bravo.

lundi 31 octobre 2011

Justin(e) – Treillieres über alles



Justin(e) – Treilleres über alles
Guerilla Asso – Can I say
9.5/10
3ème album pour les Nantais qui fait suite à un split avec Diego Pallavas. Il était attendu cet opus, il faut dire qu'accident n°7, le précédent avait l'effet d'une bombe avec une collection de tubes en puissance, des textes et des mélodies très bien pensés et surtout une maturité et un détachement de certaines influences. On avait parlé foot durant la dernière interview et c'est un sujet auquel le groupe retourne souvent (« l'équipe C », « Jean claude Suaudeau » ou « affreux sales et méchants »). Ici la couleur est annoncée avec une pochette très ciblée (attention le vinyle et le cd n'ont pas la même couv) qui rend hommage à nos albums paninis qui ont marqué notre jeunesse. Le titre rend hommage au lieu de résidence de certains membres du groupe mais aussi à un très vieux morceau des Dead Kennedys « California über alles ». L'album commence avec le morceau qui donne son nom à l'album, un titre rapide, punk où l'on retrouve avec grand plaisir la voix d'Alex . Une très bonne intro. A noter que les textes sont toujours aussi bien écrits et prenants, cette fois-ci Fikce (qui est aussi dans Poésie Zéro, Mon autre Groupe, Maladroit...), désormais le batteur du groupe, signe quelques textes bien sentis notamment l'excellent « Une ode à la mort » l'un des points forts de l'album. C'est vrai que les textes du groupe sont vraiment intéressants et se plonger dedans, y réfléchir, est quelque chose de relativement rare dans cette scène, d'où l'intérêt du chant en français. D'autres titres accrocheurs se succèdent « Rome » ou « Porcelaine » avec sa démonstration de lignes de basse. Décidément ces Justin(e) avec ce nouveau un line-up est un groupe de très bons musiciens. Des claviers et de l'accordéon viennent rythmer l'album comme sur « BB77 » (ou ce n'est pas toujours très pertinent) et « une ode à la mort (là c'est très bon). Ce troisième album est une vraie réussite qui sera à chaque écoute encore meilleur je pense. Je lui préfère pour l'instant Accident n°7, plus efficace à l'écoute et sur scène et aussi pour ses références footballistiques qui sont finalement quasi absentes de ce nouvel album (un peu sur tosquelles) malgré un tel emballage. Mais force est de constater que Justin(e), à l'instar des GxP, est un putain de bon groupe qui va marquer durablement la scène française.

jeudi 27 octobre 2011

Hangin'out – burning bridges



Hangin'out – burning bridges

Craze records

7,5/10
Je viens de recevoir ce mini-album et à peine tourne-t'il dans la platine que je découvre un très bon groupe punkrock façon Epitaph de la grande époque. Petit tour sur leur bio et il se trouve que la formation est belge ce qui me surprend un peu, j'aurais bien placé une piécette sur le fait qu'ils soient américains, et existe depuis 12 ans, un peu feignants les gars n'ont sorti qu'un album durant tout ce temps. Burning Bridges, ce 8 titres arbore une belle pochette avec la passerelle du Gateshead à coté de Newcastle, je suis à fond sur les ponts en ce moment donc la présence de celui-ci avec sa spécificité technique me fait penser que le groupe aime les belles choses. Les premiers titres « in vain », « second chance's for losers » sont dans un registre proche de ce que fait actuellement Rise Against, un punkrock assez musclé, rythmé mais non dénué de mélodies. Le batteur met un bon tempo aux titres et la voix se révèle plutôt sympa. Il n'y a seulement que 8 titres mais ils font tous (excepté un) plus de trois minutes, je trouve d'ailleurs certains un peu trop longs (« procedure ») et auraient peut être mérités d'être plus concis plus directs. Belle conclusion cependant avec l'excellent « the witch hunt » totalement Rise Againstien certes mais plaisant à souhait !!
Au final c'est un bon mini-album pour un groupe prometteur s'il nous sort un peu plus de productions ! A suivre donc par la suite et à essayer de voir en live !

Dôme – Stephen King



Dôme – Stephen King
Tome 1
8/10
La véritable question que je me pose après que belle-maman m'ait offert ce livre c'est : qui, a plus de 30 ans, lit encore des Stephen King ?
Tout le monde a déjà lu un livre du maître ou même vu une adaptation ciné. D'ailleurs il est important de noter les réalisateurs qui l'ont adapté : Brian De Palma (Carrie), Stanley Kubrick (Shining), John Carpenter (Christine), David Cronenberg (Dead Zone), George Romero (La Part des ténèbres)... bref du beau monde ! Le soucis que j'ai actuellement c'est qu'à trente ans on n'est plus supposé lire et aimer Stephen King, on laisse cette activité aux jeunes ados en mal de sensations. Je tente donc cette expérience plus de 15 ans après mon dernier livre lu et force est de constater que malgré la longueur de ce premier tome je m'y suis jeté à corps perdu. Stephen King a cette capacité à créer des histoire extravagantes mais terriblement passionnantes. Sa créativité, son imagination sont hors normes et cet auteur que l'on dénigre quelque peu en prenant de l'âge ou que l'on oublie en vieillissant mérite toujours autant de respect que le culte qu'on lui vaut durant notre jeunesse.
Dôme, roman en deux parties de 650 pages chacune, nous emmène dans une petite ville des Etats-Unis soudainement isolée du reste du monde par un mystérieux dôme invisible. L'électricité est coupée et les habitants sont obligés d'utiliser leur réserve de propane comme énergie première. La pollution commence à se faire sentir mais surtout les relations au sein de cette ville désormais isolée se tendent et se rapprochent d'une jolie petite dictature. Il y a parfois des choses prévisibles (le personnage de Dale Barbara, on y imagine tout de suite ce qu'il va lui arriver), des événements parfois entendus, la montée progressive de cette fameuse dictature mais le tout est suffisamment prenant pour ne pas le lâcher. C'est donc une première partie très plaisante, j'espère que le tome 2 (sorti en même temps) est aussi bon. Verdict dans quelques mois !

dimanche 23 octobre 2011

compile gratuite - still kicking asses !


Espiceria, une association de concerts sur Pau, vient de réaliser une compile avec les groupes qu'elle a programmé cette année. Une bien belle compile avec de sacré noms ! La pochette est signée CHA, qui se place encore un peu plus dans la scène punk française pour notre plus grand plaisir. Et le tout s'appelle
Still Kicking Asses !

Le lien pour la télécharger

Tracklist :

JUSTIN(E) – Treillieres über alles
NICHIEL’S – Accusé de réception
WANK FOR PEACE – Free Hugs
THE SAINTE CATHERINES – Chub-E & Hank III-Vimont Stories [Part II]
CHARLY FIASCO – Un exutoire pour névrosé
TAGADA JONES – Zéro de conduite
MALADROIT – Brutalité
THE REBEL ASSHOLES – Crossroads
THE TRADERS – Common Sense (avant-première)
POESIE ZERO – Policier (live inédit)
FOOLISH – Nightmare Comes True*
FIRE AT WILL – Leave the kids alone
MON AUTRE GROUPE – Sauvons les meubles (inédit)
MENPENTI – Pas de limites
ENLÒC – Existissem pas
FLOW – Song for my friends
BRAIN SHAKE – 50th Floor
DUMBELL – Bottom of your heart
RANDY MANDYS – The wholling stoppelizzy stroke back, in your face, dammit !!
VELOOO – Toy Machine
BEN & FIST – Le lièvre et la torture
ARTERIES SHAKING – Soul Seller
PATATOR – Psychodestroy
PIN-UP EXPLOSION – Doubah
CAMDEATH – Plass Delum
PERSONNE – Ma femme zombie

samedi 22 octobre 2011

Tagada Jones – descente aux enfers



Tagada Jones – descente aux enfers
Enragés Productions
6.5/10
C'est fou mais j'avais oublié les Tagada avant de tomber par hasard sur cet album. Pourtant c'est probablement le premier groupe qui m'ait fait apprécié le punk chanté en français grâce a leur album Manipulé sorti il y a 10 ans maintenant. Le groupe depuis s'est séparé de son deuxième chanteur, Gus, qui plaçait de temps en temps sa voix très rauque, façon Beau Beau dans Avail à leur grande période, et qui s'occupait de tout ce qui était samples et machines. C'est un peu dommage qu'il soit parti car son chant rendait bien sur la musique du groupe mais d'un autre coté l'accumulation des effets sur les titres commençait aussi à me saouler. Autre déception sur les derniers albums je sentais les paroles glisser vers la démagogie avec des thèmes très faciles et très prisés par la jeunesse. Je pense que les Tagada en ont bien profité et ont réussi à rajeunir leur public, peut être en perdant les vieux relous. Peut être que c'était voulu peut être pas et peut être aussi que je me fais un gros film mais je les ai un peu oublié à ce moment là. 
Toujours est-il que le groupe revient en cette fin d'année avec Descente aux enfers. La première chose que l'on voit c'est que les Bretons ont encore une très très belle pochette, et ça ça vous donne envie d'acheter un album ! Depuis 10 ans le groupe accumule les belles pochettes bien dessinées et je dois avouer que je les apprécie particulièrement. Coté musique le groupe me surprend un peu en faisant une sorte de petit retour aux sources avec style très punkrock, très rapide et énervé, « nec'hed mad » et « zéro de conduite » en sont l'exemple parfait. La voix de Nico est toujours aussi bien posée, aussi hargneuse et le chant en français passe tout seul. Pour faire le relou je peux une nouvelle fois reprocher aux textes d'être parfois un peu faciles mais ils ont tout de même le mérite de les aborder de front. « le moins que rien », 3ème titre, baisse un peu en intensité et il faudra attendre « Alerte Alerte » pour retrouver un titre de premier ordre, qui se veut incisif avec un rythme saccadé et un très bon refrain. A noter deux morceaux un peu spéciaux avec des featurings, le premier avec hexcess avec un beat hip hop et du coup un chant calé dessus. Le refrain rend très bien avec ce « j'emmerde ! ». Le second morceau voit apparaître La Phaze, qui évolue dans son registre habituel d'électro-punk. Perso, j'ai jamais accroché donc ce morceau ne m'a pas du tout botté, mais les fans du groupe angevin devraient être ravis.
Au passage je découvre, un peu surpris que c'est Job qui occupe la batterie (depuis quand?), on replace juste le personnage qui a tenu les fûts dans Right 4 Life, Tromatized Youth, For The Real entre autres et se retrouve donc dans le groupe rennais. Beau rebondissement.
Pour conclure, je reste encore sur ma faim avec cet album que je trouve assez linéaire. Les paroles sont engagées certes mais je les trouve encore trop démago. Quelques titres m'ont vraiment plu (« Alerte alerte! » en tête) mais je préfère tout de même ce que faisait le groupe il y a dix ans.

lundi 17 octobre 2011

Me First and The Gimmie Gimmes – sing in japanese - (7')



Me First and The Gimmie Gimmes – sing in japanese - (7')
Fat Wreck Chords
Retour de la joyeuse bande de potes emmenée par Fat Mike et Joy Cape avec un nouvel EP 6 titres assez original puisqu'il est composé cette fois-ci uniquement de reprises de groupes japonais. On était habitué à entendre le groupe sur des reprises de classiques américains et là on reste un peu sur notre car il faut avoir une sacré culture nippone pour connaître ces titres, je pense que cela vient de l'attrait de Fat Mike pour ce pays et cette culture. Les américains restent de très bons interprètes et découvrir ces morceaux est un bon moment tout de même. J'apprécie particulièrement le dernier morceau « Linda Linda », j'espère juste les entendre bientôt sur de vieux tubes bien populaires car dans ce domaine ils excellent vraiment.

jeudi 6 octobre 2011

Hot Water Music – the fire the steel the tread (7')



Hot Water Music – the fire the steel the tread
Chunksaah Records – No Idea
2 titres c'est court pour annoncer un retour mais diable que c'est bon ! Le premier titre qui donne son nom au EP lance parfaitement le retour des Floridiens, certes c'est un mid-tempo, certes ce n'est pas le meilleur mais que c'est bon d'entendre la voix de Chuck Ragan avec une guitare saturée derrière et une basse groovie, et ce refrain « Come On ! Come on ! ». Le second morceau « adds up to nothing » est plus classique et me rappelle Samiam. On ne va pas dire que cet EP est indispensable mais ce retour l'est par contre !!

mardi 4 octobre 2011

Favez - en garde !



Favez « en garde ! »
Two Gentlemen
7/10
Oulala je n'ai plus trop suivi l'actualité de Favez depuis « bigger mountains higher flags » en 2007. Il faut dire que cet album succéda à l'excellentissime « old and strong in the modern times », un des meilleurs albums jamais réalisés dans toute la scène post punk mondiale, et du coup la tâche était rude, il ne pouvait être que moins bon, même s'il reste très correct au demeurant. Je suis donc un passé à coté de ce qu'à fait Favez durant 4 ans, peut être aussi parce que tous les autres groupes du style ont soit splittés soit sombré dans la pop mielleuse. Les Suisses ne se sont pas résignés et signent donc cette année leur 7ème album (si l'on ne compte pas les 3 autres sous leur ancien nom), et c'est donc avec un peu de curiosité que je l'ai mis dans le lecteur. Le premier titre « tearing down the highway » est plutôt bon et introduit bien l'album, du Favez pure souche tel qu'on le connaît avec cette belle voix bien posée, ces cassures de rythme et cette facilité à tirer des mélodies. Le second titre me plait moins même s'il s'agit d'une ballade qui aurait pu être très belle mais je trouve, pour une fois, le chant mal ajusté. « like the old days » reprend les choses de façon plus dynamique et se place certainement comme l'un des tous meilleurs morceaux de l'album. « under the sun » ressemble à s'y méprendre à un titre de Troy Von Balthazar, chanson lente au chant langoureux. La palme revient à la très belle « tonight we ride », moment où l'on se rappelle pourquoi on a toujours aimé Favez : pour sa facilité à construire des chansons rock teinté de mélodies imparables. Cet album se travaille et se bonifie au fur et à mesure même si quelques titres sonnent trop mielleux. 
Je n'oublierai plus Favez, je le promets.